Mercredi 17 décembre 2003
Musique Juive d’Est en Ouest [Paris]
par Maxime Kaprielian (17/12/2003)
Remarquable rétrospective que cette série de concerts autour de l’inspiration juive en musique classique. Une manifestation à la programmation originale, loin des grandes salles de concerts et
autres lieux mythiques parisiens (le studio « regard du cygne » est dans un quartier populaire de Paris).
La sonate pour piano de Gideon Klein se souvient de celle d’Alban Berg dans son développement continu, œuvre post-romantique poussée au paroxysme et trouve en Julia
Riabova une interprète idéale qui ne noie jamais ce flot musical complexe dans un brouillard de pédale.
La sonate pour violon et piano d’Hans Eisler interprétée par Julia Riabova et Philippe Coutelin constitue une forme de catharsis après les chromatismes exacerbés des morceaux précédents,
par sa concision et son discours caustique et désabusé. Philippe Coutelen — qui introduit chaque pièce par une courte et précise présentation — sait en « enlaidissant » volontairement
sa sonorité rendre justice à cette partition au ton grinçant d’un compositeur contraint à l’exil. Le concert se termine par un saut dans le temps avec la sérénade pour violon et piano de
Zemlinsky, œuvre en cinq mouvements disparates d’une écriture limpide et de caractère pastoral, qui contraste avec les pièces plutôt sombre ou désespérées qui la précèdent.
Par Julia Riabova
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Publié dans : Presse
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